L’impact des échanges en termes de résultats

La facilitation des échanges est une modalité indispensable dans le cadre des efforts de libéralisation des marchés mondiaux au profit des marchandises, notamment en ce qui concerne les pays qui ont déjà diminué les obstacles tarifaires de façon importante. Elle diminue les coûts de transaction liés aux importations et aux exportations, ce qui a pour conséquence de faciliter l’interface entre les entreprises et les consommateurs locaux et les marchés internationaux. En modifiant le prix relatif des marchandises échangeables et non échangeables, la facilitation des échanges a également un impact sur les décisions des producteurs et des consommateurs, ainsi que sur celles des exportateurs et des importateurs. Si l’on s’en tient à la théorie, la mise en œuvre de l’Accord devrait avoir des répercussions sur les coûts des échanges, et, par ce biais, sur l’évolution des flux commerciaux entre les pays.

Les Indicateurs de facilitation des échanges de l’OCDE suivent la mise en œuvre des dispositions de l’AFE dans 152 pays, y compris dans la grande majorité des pays membres de l’Union africaine. Les contraintes pesant sur la facilitation des échanges sont généralement nombreuses en Afrique. Toutefois, un certain nombre de pays font beaucoup mieux que la moyenne. Selon l’OCDE, l’application integrale de l’AFR pourrait réduire les coûts des échanges de 16,5% dans les pays à faible revenu et de 17,4% dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (télécharger le rapport de l’OCDE uniquement disponible en anglais). Dans le cas d’une application respectant l’intégralité de l’Accord, ces deux catégories de pays retireraient des avantages particulièrement importants (moindres, cependant, dans une application minimaliste de l’Accord).

Il n’existe pas, à ce jour, d’estimation par simulation directe qui permette de prédire dans quelle mesure l’application de l’AFE, avec ses effets correspondants sur la diminution des coûts des échanges, pourrait stimuler les échanges mondiaux et modifier les flux commerciaux bilatéraux. Une étude menée par l’OCDE indique que certaines mesures – du type simplification de la documentation et des procédures administratives, rationalisation des institutions et de la gouvernance, utilisation de processus automatisés – seraient particulièrement importantes pour l’Afrique (télécharger la version complète du rapport).

D’autres travaux, qui utilisent une définition plus large de la facilitation des échanges, donnent également une idée des ordres de grandeur en cause, et des enjeux que cela représente pour l’Afrique. La Banque mondiale et le Forum économique mondial, par exemple, ont utilisé un modèle global d’équilibre général calculable pour montrer que les gains provenant de la diminution des obstacles commerciaux au sein de la chaîne d’approvisionnement (celle-ci incluant des mesures comprises dans l’AFE) engendreraient des retombées commerciales plus grandes que la suppression de tous les droits de douane restants sur les produits manufacturés (voir la version complète du rapport uniquement disponible en anglais). Les pays qui réforment les plus – notamment les pays africains – bénéficieraient des retombées positives relatives les plus importantes (par rapport aux données de référence). Bien que la mise en œuvre de l’AFE n’engendre qu’une fraction des retombées positives prises en compte par ce rapport, il est toujours utile d’avoir une idée des ordres de grandeur. Diminuer les obstacles commerciaux au sein de la chaîne d’approvisionnement pourrait entraîner une augmentation des exportations africaines de 63% et une hausse du PIB de 12% si l’on retient une hypothèse haute. Il n’y a pas de doute que ces retombées sont économiquement significatives, et qu’elles pourraient avoir un effet important de stimulation sur les objectifs de la politique de développement.

Bien qu’il reste encore beaucoup à défricher du côté de l’analyse des répercussions de l’AFE au plan national, les études disponibles laissent penser que l’Afrique a un grand potentiel pour tirer profit de l’application de l’Accord, que ce soit grâce à la baisse des prix et à un plus grand choix de produits pour les consommateurs et les utilisateurs des biens intermédiaires importés, ou par le biais de l’augmentation des exportations.